Chez ma tante, le salon de thé du fond du coeur.

Au cœur du quartier Vauban se trouve un petit coin de tranquillité où il fait bon manger et boire à l’heure du goûter. Le salon de thé Chez ma tante domicilié au 11ter, rue de Toul a ouvert ses portes il y a un mois. Il ne désemplit pas depuis. L’équipe de Circonflex Mag s’y est rendu et vous aurait bien rapporté quelques gâteaux en plus !

Mercredi, 15h. Catherine Hue, l’instigatrice du projet, nous reçoit autour d’une part de tarte maison et d’un café torréfié sur Lille pour nous parler de ce salon atypique. Chez ma tante n’était à l’origine qu’une private joke. Elle revient sur cette idée qui a germée en début d’année 2018. Catherine voulait que ce projet soit une ouverture. Une porte, pour contrer la dépendance motrice et l’isolement social des résidents de l’EHPAD, maison d’accueil de Chez ma tante. Mais aussi pour réinsérer dans le monde du travail des personnes en situation de handicap. “On travaille sur l’inclusion sociale en priorité” confie Catherine.

Dans la salle, Laure s’active. C’est elle, la première salariée du salon, aujourd’hui détentrice d’un véritable contrat de travail. Elle s’occupe de la confection des pâtisseries et fait le service. Elle est soutenue dans sa nouvelle vie par la pâtisserie l’Ogre de Carrouselberg, qui met tout en oeuvre pour former Laure. Et qui effectue un suivi de ses compétences afin de faire des validations d’acquis de l’expérience (VAE) qui lui permettront d’entrer sur le marché du travail pour de bon !

Et voilà Catherine qui vante la réalisation maison, par les personnes de l’ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail), de toutes les pâtisseries. Elles ont suivi des ateliers gourmands mis en place par la structure afin de se former à la pâtisserie. Et cerise sur le gâteau (si l’on peut dire !) ces mêmes gourmandises sont faites à partir de produits locaux de saison, pour valoriser le circuit court et les distributeurs de proximité. La dynamique est donc double pour cet établissement : sociale mais aussi respectueuse du terroir. Pour les fêtes, il y aura même à la vente, des gâteaux typiques de fin d’année !

On pense aménager la cour intérieure pour l’été et accueillir plus de personnes.

Du reste, si vous êtes gourmands et curieux de découvrir ce bel endroit, il vous est possible de passer commande d’un mercredi sur l’autre (on dit ça, on dit rien). Le tout à des prix très abordables : entre 10 et 15€ la tarte de 8 personnes.

C’est aussi l’occasion pour vous d’entrer dans une autre époque. “Ici ce n’est que de la récup’ d’objets. Certains ont appartenu à des locataires de l’EHPAD, les autres, on les a adoptés chez EMAÜS” plaisante Catherine.

Malgré cette ambiance qui sort totalement des clous, notre hôte s’étonne encore du succès de son établissement, ouvert exclusivement les mercredis de 14h à 17h. “On pense aménager la cour intérieure pour l’été et accueillir plus de personnes”. Elle désire également ouvrir plus de jours dans la semaine mais prudente, attend de voir si l’engouement du premier mois perdurera.

Ma fille m’a donnée des sous pour que je vienne goûter!

Entre deux bouchées, Catherine revient sur un aspect essentiel de ce projet, le couplage avec l’EHPAD. C’est l’occasion de parler de la vieillesse. “Organiser un lieu où les familles peuvent se retrouver dans un cadre plus léger permet de dédramatiser le placement de ses proches dans un institut spécialisé” remarque Catherine.

Philippine Ader

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